Le résultat d'un test de personnalité est une information sur un profil, pas un jugement de valeur. Ce que les recruteurs utilisent, c'est la correspondance entre ce profil et le contexte du poste. Cette correspondance dépend autant du rôle visé que du profil du candidat : il n'existe pas de résultat universellement favorable.

Tests de personnalité en recrutement suisse : repères
  • Les résultats ne sont pas "bons" ou "mauvais" : ils décrivent un profil. Certains profils correspondent mieux à certains postes.
  • Tenter de "tricher" produit des incohérences détectées par les algorithmes de validation interne des tests.
  • Le débriefing du test est souvent l'occasion d'un échange riche avec le recruteur ou le psychologue RH.
  • Les résultats peuvent être demandés par le candidat : dans les meilleures pratiques, l'employeur les communique avec un débriefing.

Les principaux tests utilisés en Suisse

Les tests de personnalité utilisés dans les recrutements suisses relèvent de plusieurs familles.

Le modèle des Big Five (OCEAN) est le plus validé scientifiquement. Il mesure cinq dimensions : Ouverture à l'expérience, Conscienciosité, Extraversion, Agréabilité (Agreeableness), et Névrotisme (stabilité émotionnelle). La plupart des tests commerciaux (OPQ, Hogan, NEO PI-R) s'appuient sur ce modèle ou l'intègrent partiellement. C'est le référentiel le plus utilisé par les cabinets de recrutement suisses spécialisés en assessment.

Le MBTI (Myers-Briggs Type Indicator) est l'un des outils les plus répandus dans les entreprises, malgré une validation scientifique contestée. Il classe les individus selon quatre dimensions binaires (Extraversion/Introversion, Sensation/Intuition, Pensée/Sentiment, Jugement/Perception) et produit 16 types. Son usage en recrutement est courant dans les multinationales et les grandes organisations genevoises, moins dans les cabinets de recrutement spécialisés.

Le 16PF (Sixteen Personality Factor Questionnaire) et le Hogan Assessment sont utilisés pour les postes de direction et les fonctions à fort enjeu relationnel (vente, management, fonctions RH). Ces outils mesurent des traits de personnalité plus granulaires et incluent souvent des échelles de dérapage (comportements contre-productifs sous stress).

Ce que le recruteur cherche, et ce qu'il ne cherche pas

Le recruteur ne cherche pas le profil "idéal" universel : il cherche l'adéquation entre un profil et un contexte de poste spécifique. Un profil très extraverti peut être un atout pour un poste commercial et un risque pour un poste d'analyse solitaire. Un profil à haute conscienciosité est recherché en compliance et risque, moins en fonctions créatives ou entrepreneuriales.

Ce qui est évalué en parallèle du test, c'est la cohérence entre le profil décrit par le test et les comportements observés en entretien et dans les exercices de l'assessment center. Un candidat qui se décrit comme très orienté vers les autres dans le test mais qui monopolise la parole dans la discussion de groupe produit un signal d'alerte sur l'authenticité du profil.

Les échelles de désirabilité sociale (présentes dans la plupart des tests professionnels) détectent les réponses orientées vers l'image positive plutôt que vers la réalité. Un score anormalement élevé sur ces échelles invalide partiellement les résultats et est noté par le psychologue RH.

Comment aborder un test de personnalité en recrutement

La recommandation est presque universellement identique : répondre honnêtement, à partir de ce qui est naturel, sans chercher à anticiper ce que le recruteur veut lire.

Concrètement, cela signifie : ne pas se demander "quelle réponse va impressionner le recruteur" mais "quelle réponse décrit le mieux ma réaction naturelle dans cette situation". Les tests bien conçus incluent des questions similaires formulées différemment pour détecter les incohérences de réponse. Une stratégie de réponse "optimisée" produit inévitablement des incohérences que l'algorithme de scoring détecte.

Le meilleur résultat possible est un profil honnête et cohérent, même s'il n'est pas parfaitement aligné avec ce que le candidat suppose être la norme. Un recruteur face à un profil honnête peut discuter d'adéquation. Un recruteur face à un profil incohérent pose des questions sur la fiabilité du candidat.

Se préparer au débriefing est aussi utile que se préparer au test lui-même. Le débriefing est souvent une conversation de 20 à 30 minutes avec le psychologue RH ou le consultant en assessment, qui explore les résultats avec le candidat. C'est une occasion d'expliquer les nuances, de contextualiser les résultats, et de montrer une capacité de réflexion sur ses propres modes de fonctionnement.

Aborder un test de personnalité dans un recrutement suisse ressemble à remplir une déclaration fiscale vaudoise : l'objectif n'est pas d'optimiser l'image projetée, mais de décrire la situation réelle avec précision. Les autorités fiscales cantonales connaissent les optimisations courantes, et les psychologues RH connaissent les stratégies de réponse orientées. Les candidats qui répondent avec cohérence obtiennent un profil qui les sert mieux dans le processus que ceux qui tentent de produire le profil qu'ils imaginent souhaitable.

Questions fréquentes

Peut-on refuser de passer un test de personnalité en recrutement ?

Oui. Un candidat peut refuser un test de personnalité. En pratique, dans les processus où le test est intégré à l'assessment center, le refus signale une réticence qui peut suffire à exclure la candidature. Il est préférable de demander des informations sur l'outil utilisé, son objectif et la façon dont les résultats seront utilisés et conservés. Ces questions sont légitimes et bien reçues dans le contexte suisse.

Les résultats d'un test de personnalité peuvent-ils être transmis à un autre employeur ?

En Suisse, les données issues des tests de personnalité sont des données personnelles protégées par la nLPD (nouvelle Loi fédérale sur la protection des données). Elles ne peuvent pas être transmises à un tiers sans consentement explicite du candidat. Un employeur ne peut pas légalement communiquer les résultats d'un test passé dans le cadre d'un recrutement à un autre employeur.

Comment se préparer concrètement à un test de personnalité ?

La préparation la plus utile est la connaissance de soi, pas la simulation. Réfléchir à ses modes de fonctionnement naturels, ses préférences relationnelles, ses comportements sous pression : ces réflexions permettent de répondre de façon cohérente et rapide. Les tests chronométrés (certains sont limités en temps) pénalisent l'hésitation plus que le contenu. Passer des tests gratuits en ligne basés sur les Big Five (IPIP NEO) donne une idée du format sans produire de "bonne réponse" à mémoriser.

Le résultat d'un test de personnalité peut-il être contesté ?

Pas au sens juridique, mais il peut être discuté lors du débriefing. Si un résultat semble ne pas correspondre au profil réel, le débriefing est le moment d'explorer cette divergence avec le consultant. Les bonnes pratiques de l'assessment prévoient que le candidat puisse réagir aux résultats et que cette réaction soit prise en compte dans l'évaluation globale.