Mis à jour : mars 2026

L'écart salarial total entre hommes et femmes en Suisse est d'environ 18 % (données OFS 2022). Une partie de cet écart s'explique par des facteurs structurels : les femmes sont surreprésentées dans des secteurs moins rémunérés (soin, enseignement, services), dans des postes à temps partiel, et sous-représentées dans les postes de direction. L'écart "inexpliqué" (qui subsiste après contrôle de ces facteurs) est d'environ 8 à 10 % et constitue la part directement attribuable à une discrimination salariale.

Égalité salariale en Suisse : chiffres clés 2026
  • Écart salarial total (brut) hommes-femmes en Suisse : environ 18 %.
  • Écart inexpliqué (discrimination directe) : 8 à 10 %.
  • Depuis 2020, les entreprises de 100 collaborateurs et plus sont obligées d'effectuer une analyse d'égalité salariale tous les 4 ans.
  • La LEg offre un mécanisme de renversement de la charge de la preuve : si une inégalité est présumée, c'est à l'employeur de la justifier.
  • Les secteurs avec le plus grand écart inexpliqué : finance, informatique, direction générale.

La révision de la LEg : nouvelles obligations pour les employeurs

Depuis le 1er juillet 2020, les entreprises employant 100 collaborateurs ou plus sont obligées de réaliser une analyse d'égalité salariale selon la méthode Logib (logiciel gratuit de l'OFS). Cette analyse doit être réalisée tous les 4 ans et faire l'objet d'un audit externe ou d'une vérification interne formalisée. Les résultats doivent être communiqués aux employés.

Cette obligation, introduite en 2020 avec une période transitoire, n'est pas assortie de sanctions directes pour non-conformité : c'est une des critiques fréquentes des organisations féministes. Mais elle crée une transparence qui peut être utilisée par les employées comme point de départ pour une contestation individuelle.

Pour les PME en dessous de 100 collaborateurs (la majorité des entreprises romandes), aucune obligation d'analyse n'existe. Les protections reposent uniquement sur la LEg individuelle et le Code des obligations.

Comment agir si vous soupçonnez une inégalité salariale

Le premier obstacle est la confidentialité des salaires : dans la culture suisse, les salaires ne se discutent pas entre collègues, ce qui rend difficile de détecter une inégalité. Les sources d'information alternatives : les benchmarks sectoriels OFS (Salarium), les enquêtes salariales des cabinets de recrutement, et les rapports d'égalité que les grandes entreprises publient.

Si une inégalité est suspectée, la LEg prévoit un mécanisme favorable : la charge de la preuve est renversée. Il suffit au salarié de rendre vraisemblable une inégalité salariale : il n'est pas nécessaire de la prouver avec certitude. L'employeur doit alors démontrer que la différence est justifiée par des facteurs objectifs.

Les étapes pratiques : collecter des données de marché (benchmarks), identifier des collègues masculins en poste équivalent dont le salaire est publiquement connu ou estimable, soulever la question avec les RH, et si nécessaire, contacter un syndicat ou un avocat spécialisé en droit de l'égalité. Le Bureau cantonal de l'égalité (BFEG à Genève, BEFH à Vaud) offre des consultations gratuites.

Le temps partiel et son impact sur les carrières féminines

La Suisse est le pays d'Europe avec le taux de travail à temps partiel féminin le plus élevé : plus de 60 % des femmes actives travaillent à temps partiel, contre 20 % des hommes. Ce choix, souvent contraint par le coût et l'insuffisance des structures d'accueil enfantine (garderies, crèches, maman de jour), a des conséquences durables sur les droits à la retraite LPP (seuil d'entrée = 22 050 CHF annuels, défavorable aux petits taux d'activité), sur l'évolution salariale et sur l'accès aux postes de direction.

La réforme AVS 21 et les discussions en cours sur la rente des femmes à temps partiel reflètent une prise de conscience progressive des conséquences structurelles du temps partiel féminin sur la retraite. Dans ce contexte, les femmes qui prévoient une période de temps partiel liée à la parentalité ont intérêt à bien comprendre les implications sur leur LPP et à discuter de ces conditions avec leur employeur avant le congé maternité.


Questions fréquentes

Comment savoir si mon employeur a réalisé l'analyse d'égalité salariale obligatoire ?

Les entreprises de 100 collaborateurs et plus sont tenues de communiquer les résultats à leurs employés. Si vous n'avez pas reçu cette communication dans une grande entreprise, vous pouvez demander au service RH. Les résultats peuvent figurer dans le rapport annuel ou dans une communication interne séparée.

La LEg protège-t-elle aussi contre la discrimination lors du recrutement ?

Oui. La LEg interdit la discrimination basée sur le sexe dans toutes les phases de la relation de travail, y compris le recrutement, la rémunération, la formation, la promotion et le licenciement. Une offre d'emploi discriminatoire ou un refus d'embauche lié au genre peut être contesté. La preuve reste difficile, mais le renversement de la charge de la preuve s'applique également ici.

Puis-je demander à mon employeur ce que gagnent mes collègues masculins pour le même poste ?

En Suisse, il n'existe pas de droit légal à la transparence salariale interne comparable à ce qui existe en Belgique ou en Islande. Vous pouvez demander votre propre classification dans la grille salariale et les critères utilisés. Mais votre employeur n'est pas obligé de révéler les salaires individuels des autres collaborateurs. La LEg donne un outil indirect : si vous pouvez rendre vraisemblable l'inégalité, l'employeur devra justifier.

Se positionner au juste prix sur le marché Upreer identifie la valeur marchande réelle et les leviers pour négocier un salaire équitable en Suisse romande. Essai gratuit.
Optimiser mon CV →