Mis à jour : mars 2026

L'entretien annuel (ou d'évaluation) n'est pas une obligation légale en Suisse : aucune loi ne l'impose aux employeurs. Mais la grande majorité des entreprises de plus de 20 collaborateurs l'ont institué comme pratique standard, souvent lié au processus de révision salariale annuelle. Pour le salarié, c'est l'une des rares occasions institutionnelles de piloter sa carrière activement.

Le problème est que beaucoup de salariés arrivent à l'entretien annuel sans préparation, dans la posture du passif qui "attend de voir ce que le manager dit". Cette posture inverse les rôles : c'est vous qui devez conduire la conversation sur vos contributions, vos objectifs et vos ambitions, pas simplement valider ceux que le manager propose.

Ce que vous devez préparer avant l'entretien annuel
  • Liste des contributions majeures de l'année, avec impact quantifié si possible.
  • Analyse des objectifs fixés l'année précédente : atteints, dépassés ou non atteints avec explication.
  • Proposition d'objectifs pour l'année suivante : ne pas laisser le manager les définir seul.
  • Demande de développement professionnel : formation, nouveau périmètre, responsabilités élargies.
  • Position sur la rémunération : benchmark de marché, argument pour une révision.

Préparer ses contributions : l'impact avant les activités

La préparation la plus utile est de documenter vos contributions en termes d'impact, pas d'activités. "J'ai géré les projets X et Y" est une description d'activité. "J'ai réduit le délai de traitement des commandes de 3 semaines à 10 jours, ce qui a permis d'absorber 20 % de volume supplémentaire sans recruter" est une description d'impact. Le premier est oubliable. Le second est mémorable et utilisable dans une discussion salariale.

Pour les contributions difficiles à quantifier (amélioration des relations client, support à l'équipe, gestion de crise), des indicateurs qualitatifs fonctionnent aussi : "j'ai pris en charge l'onboarding de 3 nouveaux collaborateurs et tous ont été opérationnels en moins de 4 semaines" est factuel et montre une contribution réelle.

Garder un journal de contributions en cours d'année est une habitude qui simplifie énormément la préparation de l'entretien annuel. Un document partagé avec son manager (visible en temps réel) est encore plus efficace : il rend les contributions visibles tout au long de l'année, pas seulement en décembre.

Parler de la rémunération : timing et stratégie

L'entretien annuel est le moment pour demander une révision salariale, mais cette demande doit être préparée avec des données de marché, pas seulement une affirmation de mérite. Les benchmarks de l'OFS (Salarium), les enquêtes Michael Page ou Hays, et les fourchettes observées dans les offres d'emploi publiées sont des arguments objectifs qui renforcent une demande.

La formulation compte : "d'après les données de marché pour mon profil en Suisse romande, le salaire médian est X, et je suis actuellement à Y. Je voudrais comprendre comment vous envisagez cette évolution" est plus efficace que "je pense que je mérite une augmentation". La première approche est factuelle et invite à une discussion ; la seconde est une affirmation qui pousse le manager sur la défensive.

Si la réponse sur la rémunération est un "non" ou "pas maintenant", demandez explicitement : "quels sont les critères qui permettraient cette révision dans 6 mois ?" Cela transforme un refus en une feuille de route négociée, et oblige le manager à articuler des conditions claires plutôt qu'un refus vague.

Objectifs de l'année suivante : ne pas les subir

Beaucoup de salariés acceptent les objectifs que leur manager fixe sans les négocier. Pourtant, des objectifs trop ambitieux ou mal cadrés créent une situation défavorable lors de l'entretien suivant. Négocier des objectifs réalistes, mesurables et sous votre contrôle est un investissement pour l'entretien de l'année prochaine.

Poser des questions sur les ressources disponibles pour atteindre les objectifs est légitime : "pour atteindre cet objectif de croissance de 25 %, quel budget de formation ou de recrutement est disponible ?" montre de la maturité professionnelle et protège contre des engagements non tenables.


Questions fréquentes

Est-il obligatoire de signer le compte rendu de l'entretien annuel en Suisse ?

Non, la signature n'est pas légalement obligatoire. Mais si vous signez, vous attestez avoir pris connaissance du document, pas forcément être d'accord avec tout son contenu. Si des points vous semblent inexacts, demandez à les faire corriger ou à ajouter une note de réserve avant de signer. Un compte rendu signé peut être utilisé lors d'une procédure de licenciement : il est important qu'il reflète exactement ce qui a été discuté.

Que faire si l'entretien annuel est annulé ou reporté indéfiniment par le manager ?

Relancer formellement par écrit (email) avec une proposition de date. Un entretien annuel répété lement annulé est un signal d'alerte sur la qualité du management ou sur votre position dans l'organisation. Si malgré les relances il n'a pas lieu, organiser un entretien informel pour discuter de votre positionnement est une alternative.

L'entretien annuel peut-il donner lieu à un licenciement en Suisse ?

Un entretien annuel peut être le moment où un manager annonce des difficultés de performance qui peuvent, si elles persistent, mener à un licenciement. Mais un entretien annuel "négatif" ne donne pas droit à un licenciement immédiat, le processus légal de licenciement s'applique avec les délais de préavis habituels. Un licenciement pour motifs insuffisants peut être contesté devant le tribunal des prud'hommes.

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