Mis à jour : mars 2026

Contrairement à la LAMal (assurance de base, obligatoire, acceptation sans réserve), les assurances complémentaires sont régies par la LCA (Loi sur le contrat d'assurance). L'assureur peut refuser un candidat, imposer des réserves pour des maladies préexistantes, ou appliquer des délais de carence. Ces règles changent fondamentalement la logique de souscription.

Ce que la LAMal ne couvre pas (et que les complémentaires peuvent couvrir)
  • Chambre semi-privée ou privée en cas d'hospitalisation, non couvert par la base.
  • Soins dentaires courants (détartrage, plombages, couronnes), exclus sauf accident.
  • Médecines alternatives (homéopathie, acupuncture, ostéopathie), partiellement selon l'assureur.
  • Lunettes et lentilles, remboursement limité à 180 CHF/3 ans pour les adultes via la base.
  • Hospitalisation à l'étranger, la base rembourse au maximum le double du tarif suisse équivalent.
  • Certains médicaments hors liste (liste des spécialités LAMal).

Hospitalisation : division commune, semi-privée, privée

La distinction la plus fréquemment souscrite en Suisse est l'assurance hospitalière complémentaire, qui détermine la division d'hospitalisation (type de chambre et choix du médecin traitant).

La division hospitalière choisie n'est pertinente que pour les hospitalisations planifiées ou non urgentes. En urgence, le patient est traité en division commune quelle que soit sa couverture. L'upgrade en semi-privée ou privée s'applique aux hospitalisations programmées : opérations électives, accouchements, chirurgies réglées.

Un point souvent ignoré : les hospitalisations hors canton sont prises en charge par la LAMal de base uniquement si l'hôpital figure sur la liste cantonale de l'assuré. Pour une hospitalisation dans un hôpital d'un autre canton (qui n'est pas sur la liste), la différence de tarif entre les deux cantons est à la charge du patient, sauf si une assurance complémentaire "Suisse entière" est souscrite.

Assurance dentaire : la lacune la plus coûteuse

En Suisse, les soins dentaires courants (caries, détartrage, couronnes, implants) ne sont pas couverts par la LAMal. La santé dentaire est considérée comme relevant de la responsabilité individuelle, une position unique parmi les pays de l'OCDE à système d'assurance maladie obligatoire.

Les assurances dentaires complémentaires remboursent en général 75-90% des frais dans une limite annuelle (500 à 3 000 CHF selon le produit). Pour un adulte sans problème dentaire particulier, le coût annuel d'une assurance dentaire (300 à 600 CHF/an) peut dépasser le montant remboursé. Pour les familles avec enfants en phase d'orthodontie, ou pour les adultes avec besoins dentaires prévisibles, l'assurance dentaire est généralement rentable.

Les assureurs appliquent souvent un délai de carence de 3 à 6 mois avant la prise en charge des soins dentaires, et excluent les traitements déjà commencés ou planifiés avant la souscription. Souscrire en bonne santé dentaire est la seule façon d'optimiser la couverture.

Comparer les assureurs : critères pratiques

Principaux assureurs actifs en Suisse romande en 2026 pour les complémentaires : CSS, Helsana, Swica, Groupe Mutuel, Assura, Visana, Sympany. Les comparateurs officiels disponibles : comparis.ch (tiers indépendant, données certifiées OFSP) et priminfo.admin.ch (OFSP, données officielles).

Les critères à comparer :


Questions fréquentes

Peut-on souscrire une assurance complémentaire à n'importe quel moment de l'année ?

Oui pour la souscription, mais l'assureur peut refuser ou imposer des réserves après examen de l'état de santé (questionnaire médical). Contrairement à la LAMal, il n'y a pas de période d'ouverture annuelle obligatoire. Il est donc possible de souscrire en cours d'année, mais la prudence s'impose : ne pas attendre un événement de santé pour demander une couverture complémentaire.

Que couvre exactement la LAMal de base en cas d'hospitalisation à l'étranger ?

La LAMal rembourse les soins d'urgence à l'étranger dans la limite du double du tarif qui serait facturé en Suisse pour le même traitement. En pratique, dans des pays à coûts médicaux élevés (USA, Japon, Australie), ce plafond est vite atteint. Une assurance complémentaire "monde" ou les assurances voyage couvrent cet écart pour les séjours temporaires. Pour les expatriés qui quittent définitivement la Suisse, la LAMal n'est plus applicable.

Est-il possible de changer d'assureur pour une complémentaire ?

Oui, en respectant les délais de résiliation contractuels (généralement 3 mois avant l'échéance annuelle). Mais l'assureur acceptant doit procéder à un nouvel examen médical, et peut refuser ou imposer des réserves que l'assureur précédent n'avait pas appliquées. Changer de complémentaire est donc plus risqué que changer de caisse de base (où l'acceptation est obligatoire et sans conditions).

Les travailleurs frontaliers ont-ils accès aux assurances complémentaires suisses ?

Les frontaliers soumis à la LAMal (certains cantons permettent l'exemption pour ceux qui ont une couverture française équivalente) peuvent souscrire des complémentaires suisses. Mais la couverture n'a d'utilité pratique que pour les soins réalisés en Suisse, les frontaliers qui se soignent principalement en France ont peu d'intérêt à souscrire une complémentaire hospitalière suisse.

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