Chômage partiel (RHT)
La réduction de l'horaire de travail (RHT), communément appelée chômage partiel, est un mécanisme permettant à une entreprise confrontée à une perte de travail temporaire de réduire les heures de ses salariés tout en conservant leurs emplois. Les heures perdues sont indemnisées par l'assurance chômage à 80 % du gain assuré.
Principe et conditions d'octroi
La RHT est accordée par l'ORP cantonal sur demande de l'employeur. Les conditions principales sont :
- La perte de travail est temporaire et involontaire : baisse conjoncturelle des commandes, problèmes d'approvisionnement, catastrophe naturelle, crise économique sectorielle.
- La perte de travail doit être supérieure à 10 % de l'ensemble des heures de travail des salariés concernés.
- La durée prévisible est limitée : la RHT n'est pas un substitut au licenciement pour des raisons structurelles permanentes.
- Les salariés concernés doivent être assurés à l'AC (cotisants LACI).
Les indépendants, les personnes dont les heures ne peuvent pas être contrôlées, et les salariés avec un contrat à durée déterminée proche de son terme ne bénéficient généralement pas de la RHT.
Indemnisation et maintien du contrat de travail
L'AC indemnise 80 % du gain assuré pour les heures perdues. L'employeur maintient le contrat de travail dans son intégralité et verse le salaire normal. Il se fait rembourser par la caisse de chômage la part correspondant aux 80 % des heures perdues. Certaines conventions collectives ou contrats individuels prévoient que l'employeur complète jusqu'à 100 % du salaire normal pour les heures RHT.
La durée maximale de la RHT est de 12 mois dans un délai-cadre de 2 ans (en période normale). Des prolongations peuvent être accordées en période de crise économique grave (comme pendant le COVID-19 en 2020-2021, où la durée maximale avait été portée à 24 mois).
Avantage macro-économique
La RHT est considérée comme l'un des piliers du faible taux de chômage structurel suisse. En permettant aux entreprises de passer les crises sans licencier, elle maintient le capital humain et réduit les coûts de recrutement et de formation lors de la reprise. Le coût pour l'AC est compensé par la réduction des dépenses d'indemnisation chômage complète et le maintien des cotisations sociales des salariés.