Mis à jour : juin 2026

La culture salariale suisse est marquée par la discrétion. Ce qui est mal perçu, c'est une demande mal préparée ou basée sur des besoins personnels plutôt que sur une valeur démontrée. Les enveloppes salariales sont fixées entre octobre et décembre, la demande doit arriver avant. La demande d'augmentation est une démarche professionnelle normale, pas une confrontation.

En résumé
  • Le bon moment: entretien annuel d'évaluation ou après un projet significatif réussi, jamais en période de crise d'équipe.
  • Fourchettes habituelles: 3-5 % pour une bonne performance, 8-15 % pour une évolution de responsabilités.
  • L'argument central est la valeur démontrée par des réalisations chiffrées, pas les besoins personnels ni la durée de présence.
  • Un refus doit être accompagné d'un plan précis et d'un calendrier pour la prochaine discussion.

Quand demander une augmentation en Suisse

Les budgets salariaux sont arrêtés entre octobre et décembre. Une demande en novembre est intégrée dans le budget ; la même demande en mars ne l'est plus. Trois fenêtres d'opportunité existent en plus de l'entretien annuel: fin d'un projet important, élargissement réel des responsabilités, offre concurrente concrète.

Le calendrier ne se rattrape pas

Une fois le budget salarial arrêté en décembre, la demande de mars suivant arrive trop tard pour l'exercice en cours. Formuler la demande avant octobre n'est pas une option parmi d'autres, c'est la condition pour qu'elle soit même examinée.

Moments défavorables: restructuration en cours, gel salarial annoncé, échec récent attribué au salarié, manager en transition. Un timing mal choisi peut influencer négativement la perception de la demande, indépendamment de sa légitimité.

Les arguments qui fonctionnent et ceux qui ne fonctionnent pas

Arguments convaincants: réalisations chiffrées depuis la dernière révision (CA généré, économies réalisées, délais respectés) + données de marché (Salarium OFS, Michael Page, Robert Half, Hays).

Arguments qui nuisent: "J'ai besoin d'argent pour mon loyer" (les besoins personnels ne concernent pas l'employeur), "Cela fait deux ans que je n'ai pas eu d'augmentation" (la durée sans résultats n'est pas un argument), ou "J'ai une offre ailleurs" sans intention réelle de partir (les bluffs sont souvent décelés).

Un manager suisse ne peut pas défendre une demande d'augmentation en comité budgétaire avec des arguments personnels. Il a besoin de chiffres. Lui fournir des données de marché, c'est lui donner les arguments qu'il ne peut pas refuser devant ses pairs.

Montants et scénarios de réponse

Fourchettes courantes: 1,5–3 % pour une bonne performance standard, 3–5 % avec impact mesurable documenté, 8–15 % pour une évolution de poste avec nouvelles responsabilités, 15–25 % pour un changement de niveau hiérarchique.

Présentez une fourchette plutôt qu'un montant unique: "Je vise une progression de 5 à 7 %" positionne une zone de négociation, pas un ultimatum. Placez le minimum acceptable légèrement sous votre cible pour préserver la marge.

En cas de refus, posez: "Quels critères permettraient une révision dans six mois ?" et "Quel est le calendrier pour la prochaine discussion ?" Ces questions transforment un refus en feuille de route. Un refus sans réponse à ces questions est un signal d'alerte sur les pratiques salariales de l'entreprise.


Questions fréquentes

Quel est le bon moment pour demander une augmentation en Suisse ?

Le meilleur moment est avant que les budgets salariales soient fixés (septembre-novembre dans la plupart des entreprises) ou lors de l'entretien annuel de performance. Les fenêtres d'opportunité supplémentaires: après un projet significatif réussi ou lors d'un élargissement réel des responsabilités. Éviter les périodes de restructuration, de crise d'équipe ou de transition managériale.

Quelle augmentation peut-on espérer en Suisse romande ?

Pour une bonne performance annuelle: 2 à 5 %. Pour une évolution de responsabilités: 8 à 15 %. Pour un changement de niveau hiérarchique: 15 à 25 %. Les fourchettes varient selon le secteur: plus élevées dans l'IT, la pharma et la finance genevoise, plus stables dans les administrations cantonales et les organisations internationales.

L'employeur est-il obligé d'accorder une augmentation en Suisse ?

Non, sauf si le contrat ou la CCT prévoit une indexation automatique ou une progression échelon. L'adaptation au coût de la vie est parfois appliquée lorsque l'indice des prix à la consommation (IPC) augmente significativement, mais elle reste discrétionnaire pour l'employeur sans clause contractuelle explicite.

Comment gérer un refus d'augmentation salariale en Suisse ?

Demander les critères précis pour une révision dans six mois et un calendrier. Obtenir un engagement sur le processus. Si aucune perspective concrète n'est donnée, explorer les opportunités externes pour évaluer si le marché valorise différemment le profil. Un refus répété sans explication ni plan est un indicateur utile pour une décision de mobilité externe.

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Sources

OFS ESS 2022 · SECO · admin.ch