Mis à jour : juin 2026
1–3 mois préavis légal selon l'ancienneté (CO art. 335c)
30–180j protection maladie qui gèle le préavis selon l'ancienneté

Le préavis est le délai légal entre la notification de la résiliation du contrat et la fin effective des rapports de travail. Il s'applique aussi bien à la démission du salarié qu'au licenciement par l'employeur, sauf exceptions légales (licenciement immédiat pour juste motif).

En résumé: comment calculer votre préavis

1
Vérifier votre ancienneté dans l'entreprise
Calculée depuis le premier jour du contrat actuel. Les mois partiels comptent comme entiers si vous êtes présent plus de la moitié du mois.
2
Appliquer le barème légal CO art. 335c
1 mois pour la 1re année, 2 mois de la 2e à la 9e, 3 mois dès la 10e, sauf accord contraire.
3
Vérifier la convention collective (CCT) applicable
Bâtiment, hôtellerie, nettoyage, commerce de détail: la CCT peut prévoir un préavis différent du barème légal.
4
Vérifier votre contrat individuel
Le contrat peut prévoir un préavis plus long (4-6 mois courants pour cadres supérieurs), jamais plus court que le minimum légal.
5
Tenir compte des suspensions potentielles
Maladie, accident, grossesse et service militaire suspendent le délai pendant la période protégée: il reprend ensuite.

Tableau récapitulatif du préavis légal suisse

Ancienneté Préavis légal (CO art. 335c) Fin du contrat si licenciement en janvier
Pendant l'essai (3 mois légal) 7 jours Environ 10 janvier
1re année de service 1 mois (fin du mois) 28/29 février
2e à 9e année de service 2 mois (fin du mois) 31 mars
10e année et au-delà 3 mois (fin du mois) 30 avril

Cas de la maladie pendant le préavis: gel et prolongation

Si le salarié tombe malade après la notification du licenciement, le préavis est suspendu pendant la période d'incapacité de travail (art. 336c CO). La durée de la protection dépend de l'ancienneté: 30 jours la 1re année, 90 jours de la 2e à la 5e année, 180 jours à partir de la 6e année. Pendant cette période, le délai de préavis est gelé et reprend après la guérison. Un salarié licencié en janvier avec 2 mois de préavis qui tombe malade 2 semaines après la notification peut voir son contrat se prolonger jusqu'en mai ou juin si la maladie dure tout le délai de protection.

Si le licenciement est intervenu avant le début de la maladie, le préavis continue de courir mais l'employeur doit maintenir le salaire pendant la maladie. Si la maladie commence après la fin du préavis, elle ne crée aucune prolongation.

Une maladie de deux semaines après un licenciement peut repousser la fin du contrat de plusieurs mois: le calendrier légal n'est jamais figé tant que le préavis court.

Le calcul du préavis s'inscrit dans un ensemble de droits liés à la fin du contrat de travail. Notre guide sur le licenciement en Suisse couvre les conditions de forme et de fond. En cas de maladie pendant le préavis, les règles sur les congés maladie en Suisse s'articulent avec la protection légale. Si vous souhaitez contester un licenciement, notre guide sur comment contester un licenciement détaille la procédure. Pour ceux qui démissionnent, comment démissionner en Suisse couvre les obligations de forme. Les droits au chômage en Suisse s'ouvrent à la fin du préavis pour les salariés licenciés.


Questions fréquentes

Le préavis court-il à partir du jour du licenciement ou de la fin du mois ?

En Suisse, le préavis commence à la fin du mois suivant la notification du licenciement, sauf accord contraire. Si un salarié est licencié le 15 janvier avec 2 mois de préavis, le préavis commence le 31 janvier et se termine le 31 mars. Si le licenciement intervient le 31 janvier, le préavis commence le 28/29 février et se termine le 30 avril. Cette règle de fin de mois est la règle légale par défaut ; le contrat peut prévoir un préavis courant à la date de la notification (sans fin de mois obligatoire).

Peut-on réduire son préavis en accord avec l'employeur ?

Oui. Les deux parties peuvent s'entendre pour une cessation des rapports de travail avant la fin du délai de préavis légal. C'est courant dans les cas de nouvelles opportunités professionnelles ou de départs négociés. L'accord doit être écrit pour être opposable. Dans certains cas, l'employeur libère le salarié de son obligation de travailler tout en lui versant son salaire jusqu'à la fin du préavis (libération de l'obligation de travailler).

Que se passe-t-il si l'employeur ne respecte pas le délai de préavis ?

L'employeur doit verser une indemnité compensatrice équivalente aux salaires qui auraient été dus jusqu'à la fin du délai de préavis légal. Cette indemnité est calculée sur le salaire brut complet (incluant le 13e mois au prorata, les allocations de repas contractuelles, les cotisations sociales). Le non-respect du préavis par l'employeur est une faute contractuelle qui peut ouvrir droit à d'autres réparations si un préjudice supplémentaire est documenté (perte d'une opportunité d'emploi, frais liés au départ précipité).

Le préavis compte-t-il comme période de travail pour le chômage ?

Oui, le préavis est une période de travail normale. Les cotisations chômage (AC) sont prélevées sur le salaire pendant tout le préavis. Si l'employeur libère le salarié de son obligation de travailler tout en versant le salaire (libération), cette période compte également comme période de cotisation. Les droits au chômage s'ouvrent le premier jour après la fin du contrat (fin du préavis).

Le salaire est-il maintenu à 100 % pendant toute la durée du préavis ?

Oui, l'employeur doit maintenir le salaire à 100 % pendant tout le délai de préavis, qu'il ait libéré ou non le salarié de son obligation de présence. Si le salarié tombe malade pendant le préavis, l'employeur doit également maintenir le salaire selon les règles de la maladie (CO art. 324a: 3 semaines la 1re année, puis selon barème genevois ou bâlois selon le canton). La suspension du délai de préavis pour maladie n'implique pas une suspension du salaire.

Sources

OFS ESS 2022 · SECO · admin.ch