Mis à jour : mai 2026

Le préavis est le délai légal entre la notification de la résiliation du contrat et la fin effective des rapports de travail. Il s'applique aussi bien à la démission du salarié qu'au licenciement par l'employeur, sauf exceptions légales (licenciement immédiat pour juste motif).

En résumé : comment calculer votre préavis

  1. Étape 1 — Vérifier votre ancienneté dans l'entreprise : l'ancienneté se calcule depuis le premier jour du contrat actuel, non pas depuis un éventuel contrat précédent (sauf si reprise d'ancienneté contractuelle). Les mois complets comptent ; les mois partiels sont comptés comme des mois entiers si vous êtes présent plus de la moitié du mois au moment du licenciement.
  2. Étape 2 — Appliquer le barème légal CO art. 335c : 1 mois pendant la période d'essai (7 jours si en période d'essai légale), 1 mois pour la 1re année de service, 2 mois de la 2e à la 9e année, 3 mois à partir de la 10e année. Ces délais s'appliquent si aucun accord contraire n'existe.
  3. Étape 3 — Vérifier la convention collective (CCT) applicable : si votre secteur est soumis à une CCT (bâtiment, hôtellerie, nettoyage, commerce de détail, etc.), le préavis peut être différent du barème légal. Les CCT peuvent prévoir des préavis plus longs ou différents selon l'ancienneté. Consultez la CCT de votre secteur via le portail SECO ou votre syndicat.
  4. Étape 4 — Vérifier votre contrat individuel : le contrat peut prévoir un préavis plus long que le minimum légal ou conventionnel. C'est fréquent pour les cadres supérieurs (préavis de 4 à 6 mois sont courants dans les multinationales suisses). En revanche, un contrat ne peut pas prévoir un préavis plus court que le minimum légal.
  5. Étape 5 — Tenir compte des suspensions potentielles : la maladie, l'accident, la grossesse et le service militaire suspendent le délai de préavis pendant la période protégée. Le délai reprend après la fin de la suspension. Calculer la date de fin effective en tenant compte de ces suspensions potentielles.

Tableau récapitulatif du préavis légal suisse

Ancienneté Préavis légal (CO art. 335c) Fin du contrat si licenciement en janvier
Pendant l'essai (3 mois légal) 7 jours Environ 10 janvier
1re année de service 1 mois (fin du mois) 28/29 février
2e à 9e année de service 2 mois (fin du mois) 31 mars
10e année et au-delà 3 mois (fin du mois) 30 avril

Cas de la maladie pendant le préavis : gel et prolongation

Si le salarié tombe malade après la notification du licenciement, le préavis est suspendu pendant la période d'incapacité de travail (art. 336c CO). La durée de la protection dépend de l'ancienneté : 30 jours la 1re année, 90 jours de la 2e à la 5e année, 180 jours à partir de la 6e année. Pendant cette période, le délai de préavis est gelé et reprend après la guérison. Un salarié licencié en janvier avec 2 mois de préavis qui tombe malade 2 semaines après la notification peut voir son contrat se prolonger jusqu'en mai ou juin si la maladie dure tout le délai de protection.

Si le licenciement est intervenu avant le début de la maladie, le préavis continue de courir mais l'employeur doit maintenir le salaire pendant la maladie (pendant le délai de protection d'ancienneté). Si la maladie commence après la fin du préavis, elle ne crée aucune prolongation.


Questions fréquentes

Le préavis court-il à partir du jour du licenciement ou de la fin du mois ?

En Suisse, le préavis commence à la fin du mois suivant la notification du licenciement, sauf accord contraire. Si un salarié est licencié le 15 janvier avec 2 mois de préavis, le préavis commence le 31 janvier et se termine le 31 mars. Si le licenciement intervient le 31 janvier, le préavis commence le 28/29 février et se termine le 30 avril. Cette règle de fin de mois est la règle légale par défaut ; le contrat peut prévoir un préavis courant à la date de la notification (sans fin de mois obligatoire).

Peut-on réduire son préavis en accord avec l'employeur ?

Oui. Les deux parties peuvent s'entendre pour une cessation des rapports de travail avant la fin du délai de préavis légal. C'est courant dans les cas de nouvelles opportunités professionnelles ou de départs négociés. L'accord doit être écrit pour être opposable. Dans certains cas, l'employeur libère le salarié de son obligation de travailler tout en lui versant son salaire jusqu'à la fin du préavis (libération de l'obligation de travailler).

Que se passe-t-il si l'employeur ne respecte pas le délai de préavis ?

L'employeur doit verser une indemnité compensatrice équivalente aux salaires qui auraient été dus jusqu'à la fin du délai de préavis légal. Cette indemnité est calculée sur le salaire brut complet (incluant le 13e mois au prorata, les allocations de repas contractuelles, les cotisations sociales). Le non-respect du préavis par l'employeur est une faute contractuelle qui peut ouvrir droit à d'autres réparations si un préjudice supplémentaire est documenté (perte d'une opportunité d'emploi, frais liés au départ précipité).