Mis à jour : juin 2026
2-6 moisindemnité licenciement abusif
180 joursdélai pour saisir la conciliation
30'000 CHFseuil procédure simplifiée

Le droit suisse du travail (CO art. 336 à 336b) prévoit deux voies de contestation selon le motif: le licenciement abusif (mauvais motif ou représailles) et le licenciement nul (interdit, par exemple pendant la maladie). Les deux nécessitent une action rapide avec des délais stricts.

Délai critique

L'opposition écrite doit parvenir à l'employeur avant la fin du délai de congé. Passé ce délai, le droit de contester un licenciement abusif est perdu définitivement.

En résumé: les étapes pour contester

1
Opposition écrite immédiate
Adresser une opposition écrite en recommandé à l'employeur, indiquant que vous contestez le licenciement. Elle n'arrête pas le congé mais préserve vos droits.
Délai: avant la fin du délai de congé
2
Évaluation du motif avec un conseiller
Analyser si le licenciement est abusif (représailles, discrimination, exercice d'un droit légal) ou nul (grossesse, maladie, service militaire). Un syndicat peut évaluer gratuitement ou à faible coût.
3
Tentative de conciliation (Schlichtung)
La saisine de l'autorité de conciliation cantonale est obligatoire avant tout procès. Gratuite pour les litiges inférieurs à 30'000 CHF.
Délai: 180 jours après la fin du contrat
4
Action en justice si échec de la conciliation
Le tribunal des prud'hommes cantonal est compétent. Procédure simplifiée sans représentation obligatoire par avocat jusqu'à 30'000 CHF.
Délai: 30 jours après l'audience de conciliation

Ce que vous pouvez obtenir: l'indemnité pour licenciement abusif

Le Code des obligations (art. 336a) prévoit une indemnité de 2 à 6 mois de salaire en cas de licenciement abusif reconnu par le tribunal. C'est une indemnité, pas une réintégration: le contrat reste résilié. Le juge fixe le montant selon la gravité de l'abus, la durée des rapports de travail et les conséquences économiques pour le salarié. L'indemnité maximale de 6 mois reste rare, réservée aux cas les plus graves (représentants du personnel, discrimination claire, représailles documentées).

Pour les licenciements nuls (maladie, grossesse, service militaire ou civil), l'employeur ne peut pas mettre fin au contrat: un licenciement notifié pendant ces périodes protégées ne prend pas effet, et le délai de congé recommence à courir à la fin de la protection. Ce mécanisme est automatique, mais il faut informer l'employeur par écrit dès réception du licenciement.

Un accord de résiliation conventionnelle signé sans conseil juridique fait perdre, dans la plupart des cas, tout droit à contester.

Erreurs fréquentes qui font perdre la procédure


Questions fréquentes

Peut-on contester un licenciement en Suisse sans avocat ?

Oui, pour les litiges inférieurs à 30'000 CHF. La procédure simplifiée (CPC art. 243) permet à une partie de se représenter elle-même, et le tribunal contribue à l'établissement des faits. Au-delà de 30'000 CHF, un avocat est fortement conseillé. Plusieurs syndicats suisses (Unia, SIT, Syna) offrent une assistance juridique gratuite à leurs membres.

Peut-on toucher le chômage pendant la procédure de contestation ?

Oui. L'inscription au chômage et la contestation du licenciement sont indépendantes. Il est conseillé de s'inscrire à l'ORP dès la notification du licenciement, sans attendre la fin du délai de congé. Si une indemnité pour licenciement abusif est obtenue, la caisse de chômage peut en récupérer une partie selon les règles de coordination.

Que se passe-t-il si le licenciement est intervenu pendant un arrêt maladie ?

Un licenciement notifié pendant un arrêt maladie est suspendu pendant la période de protection (30 jours en première année, 90 jours de 2 à 5 ans d'ancienneté, 180 jours après 5 ans). Notifié avant la maladie, le délai de congé est gelé puis reprend après guérison. Informez immédiatement l'employeur par écrit, certificat médical à l'appui.

Sources

OFS ESS 2022 · SECO · admin.ch