Mis à jour : mai 2026
Repères 2026 — Congé maternité France vs Suisse
  • Durée congé maternité France : 16 semaines (1er/2e enfant) / 26 semaines (3e+)
  • Durée congé maternité Suisse : 14 semaines (APG maternité)
  • Taux France : 100 % du salaire net (plafond 3 864 EUR/mois)
  • Taux Suisse : 80 % du salaire (plafond 220 CHF/jour = 6 600 CHF/mois)
  • Congé paternité France : 28 jours (loi 2021)
  • Congé paternité Suisse : 10 jours (APG paternité, depuis 2021)
  • Source : OFAS Suisse 2024, Assurance maternité France (CPAM) 2024

Congé maternité et paternité comparés : France vs Suisse

Élément France Suisse
Durée maternité (1er enfant) 16 semaines 14 semaines
Durée maternité (3e enfant +) 26 semaines 14 semaines (identique)
Taux d'indemnisation 100 % (plafond sécu) 80 % (plafond 220 CHF/jour)
Congé paternité / 2e parent 28 jours 10 jours
Congé parental (post-maternité) Jusqu'à 3 ans (non payé) Non prévu légalement

Ce qui change concrètement : montant net des indemnités

En France, les indemnités journalières de maternité sont calculées sur le salaire des 3 derniers mois (ou 12 mois pour les salariés en intérim ou CDD). Le plafond est de 3 864 EUR bruts par mois (2024), ce qui donne une indemnité journalière maximale de 100,50 EUR. Pour un salaire inférieur au plafond, le remplacement est de 100 % du salaire net dans la limite de ce plafond. Un médecin ou un cadre supérieur au-delà du plafond perd une partie de son revenu pendant la maternité.

En Suisse, l'APG (Allocations pour perte de gain) maternité verse 80 % du revenu actif avec un plafond de 220 CHF par jour, soit 6 600 CHF par mois. Pour un salaire de 100 000 CHF annuels (8 333 CHF/mois), l'indemnité est de 80 % = 6 667 CHF/mois, sans atteindre le plafond. Pour un salaire de 120 000 CHF annuels (10 000 CHF/mois), l'indemnité suisse est de 6 600 CHF (plafond), soit 66 % du salaire mensuel ; le système suisse est moins généreux que le taux nominal de 80 % pour les hauts salaires.

La Suisse a une particularité importante : l'APG maternité est soumise à des cotisations de sécurité sociale (AVS/AI/APG), ce qui réduit l'indemnité nette. En France, les indemnités journalières de maternité sont exonérées de cotisations sociales (mais soumises à la CSG/CRDS). Au final, pour un salaire moyen de 80 000 CHF, l'indemnité nette suisse est d'environ 4 700 CHF/mois, comparable en termes de taux de remplacement réel à la France.

Congé parental : un écart majeur en faveur de la France

La France dispose d'un congé parental d'éducation (CPE) permettant de cesser ou réduire son activité jusqu'aux 3 ans de l'enfant. Ce congé est non rémunéré légalement, mais une allocation (CLCA/PreParE) de 390 à 790 EUR/mois peut être versée par la CAF sous conditions. En Suisse, il n'existe pas de congé parental légal fédéral : une fois les 14 semaines d'APG maternité épuisées, la mère reprend le travail ou négocie un congé sans solde auprès de son employeur. Certains cantons (Genève, Vaud) expérimentent des congés parentaux cantonaux additionnels de 4 à 16 semaines, mais ce n'est pas un droit universel en 2026.

Le congé paternité suisse de 10 jours (2 semaines), introduit en 2021 après une votation populaire, est significativement inférieur au congé paternité français de 28 jours. La Suisse est en retard sur ce point par rapport à la France et à la plupart des pays d'Europe du Nord. Des initiatives parlementaires pour étendre ce congé à 4 semaines sont en cours mais n'ont pas abouti en 2026. Pour les pères, la France est clairement plus avantageuse.

Pour quel profil chaque système est-il plus avantageux ?

La France est plus avantageuse pour les familles nombreuses (3e enfant ou plus : 26 semaines de maternité au lieu de 14), pour les pères (28 jours vs 10), et pour les familles qui souhaitent bénéficier d'un congé parental long. Le système français de garde subventionnée (crèches à tarification progressive) est aussi plus développé que le réseau de structures d'accueil suisses, souvent très onéreuses (1 500 à 2 500 CHF/mois pour une place en crèche genevoise).

La Suisse est plus avantageuse pour les salariés avec un salaire proche ou au-dessus du plafond sécu français (3 864 EUR/mois) mais inférieur au plafond suisse (6 600 CHF/mois). Pour une salariée genevoise à 90 000 CHF annuels, l'APG suisse verse 6 000 CHF/mois pendant 14 semaines, soit un montant absolu supérieur à ce que la Sécurité sociale française aurait versé. La recommandation pratique pour les familles expatriées : calculer précisément le montant net selon le salaire réel avant de conclure que l'un ou l'autre système est plus avantageux, car le résultat dépend du niveau de rémunération.


Questions fréquentes

Une frontalière française peut-elle bénéficier de l'APG maternité suisse ?

Oui. Les frontalières qui travaillent en Suisse cotisent à l'APG et ont droit aux 14 semaines d'APG maternité suisse, calculées sur leur salaire suisse. C'est la Suisse qui verse les indemnités, même si la salariée réside en France. La demande se fait via l'employeur suisse auprès de la caisse de compensation cantonale. Il n'y a pas de double droit possible : une frontalière reçoit l'APG suisse et ne cumule pas avec les indemnités maternité françaises pour la même période.

Le congé maternité suisse est-il protégé contre le licenciement ?

Oui. Le Code des obligations suisse (CO art. 336c) interdit le licenciement pendant la grossesse et pendant les 16 semaines suivant l'accouchement. Si un licenciement est notifié pendant cette période, il est nul. L'employeur ne peut pas non plus mettre fin au contrat en invoquant la grossesse ou la maternité à venir. Cette protection est comparable à la protection française, qui interdit le licenciement pendant le congé maternité et dans les 4 semaines suivant le retour.

Peut-on prolonger son congé maternité en Suisse ?

L'APG maternité suisse est strictement limitée à 98 jours (14 semaines). Aucune prolongation légale n'est prévue. En revanche, l'employeur peut accorder des jours de congé supplémentaires non payés ou convertir des vacances non prises en prolongation du congé. Certaines conventions collectives (notamment dans les soins infirmiers et l'éducation genevoise) prévoient un congé maternité conventionnel de 16 à 18 semaines. Une mère qui accouche prématurément peut dans certains cas commencer le décompte après l'accouchement plutôt qu'avant.