Mis à jour : mai 2026
Repères 2026 — Congés France vs Suisse
  • Congés légaux France : 25 jours ouvrés (5 semaines) + RTT selon accord
  • Congés légaux Suisse : 20 jours minimum (4 semaines) ; 25 jours si moins de 20 ans ou plus de 50 ans dans certains CCT
  • Jours fériés France : 11 jours fériés nationaux
  • Jours fériés Suisse : 8 à 15 jours selon le canton (variables cantonaux)
  • RTT en Suisse : n'existent pas comme mécanisme légal distinct
  • Source : Code du travail France 2024, CO suisse (art. 329a), SECO 2024

Congés et jours fériés comparés : France vs Suisse

Élément France Suisse
Congés annuels légaux 25 jours ouvrés (5 semaines) 20 jours min. (4 semaines)
Congés CCT/convention 25-30 jours selon branche 25-30 jours selon CCT
RTT 0-12 jours selon accord 35h Inexistant comme tel
Jours fériés 11 nationaux 8-15 selon le canton
Congé maladie 3 jours de carence (sauf convention) Maintien salaire 3 semaines à 6 mois (selon ancienneté)

Ce qui change concrètement : RTT, convention collective et jours cantonaux

La RTT (Réduction du Temps de Travail) est un mécanisme proprement français, né de la loi sur les 35 heures. Un cadre au forfait jours en France peut cumuler 10 à 12 RTT par an, ce qui porte son total à 36 à 37 jours de congés effectifs. En Suisse, il n'existe pas de mécanisme équivalent : la semaine légale est de 45 heures (ou 50 heures dans certains secteurs), et les heures supplémentaires sont soit compensées en repos, soit payées au taux majoré. Les salariés suisses en convention collective de la métallurgie (MEM) ou de la construction bénéficient souvent de 25 à 27 jours de congés négociés, comblant l'écart avec la France.

Les jours fériés cantonaux suisses créent de fortes disparités. Genève compte 9 jours fériés, dont certains sont spécifiques au canton (Jeûne genevois, Restauration de la République). Zurich en compte 13, le Valais jusqu'à 15. Ces jours s'ajoutent aux congés légaux et peuvent faire basculer le total net en faveur de certains cantons suisses par rapport à la France.

Le droit suisse prévoit aussi un régime de congé maladie plus favorable pour les anciens que le régime légal français. Après 5 ans d'ancienneté, la loi suisse (CO art. 324a) ou les CCT garantissent souvent 3 à 6 mois de maintien de salaire en cas de maladie, sans assurance complémentaire. En France, les 3 jours de carence légaux (sauf convention collective ou accord d'entreprise) constituent une réalité que le droit suisse ne connaît pas : aucun jour de carence n'est légalement imposé en Suisse.

Comparaison concrète : total annuel de jours chômés

Un cadre parisien avec accord 35h dans une grande entreprise : 25 jours de congés + 10 RTT + 11 fériés = 46 jours chômés payés. Son équivalent genevois dans une multinationale avec CCT : 25 jours de congés + 9 fériés genevois = 34 jours chômés payés. L'écart est réel : 12 jours de plus en France dans ce cas précis. En revanche, un salarié dans une PME française sans accord RTT (25 + 11 = 36) et un salarié zurichois avec CCT (25 + 13 = 38) sont quasiment à égalité.

Pour les travailleurs à temps partiel, la Suisse est plus favorable : la loi suisse garantit les 20 jours légaux au prorata du taux d'activité, sans discrimination. Un salarié à 80 % en Suisse bénéficie de 16 jours de congés légaux, auxquels s'ajoutent les jours fériés tombant les jours habituels de travail — un calcul précis qui évite les pertes liées au temps partiel que le droit français gère différemment.

Pour quel profil la différence est-elle réellement significative ?

La différence de jours de congés est réelle pour les cadres français bénéficiant de nombreux RTT dans des grandes entreprises sous accord collectif fort. Pour ces profils, le passage en Suisse représente une perte nette de 5 à 15 jours de repos annuels, à compenser par la différence salariale et la qualité de vie globale. En revanche, pour les travailleurs en PME française sans accord 35h spécifique, l'écart avec la Suisse est marginal ou nul.

La Suisse compense partiellement par la flexibilité du temps de travail : les heures supplémentaires peuvent être converties en jours de repos librement dans de nombreuses entreprises suisses. De même, les congés non utilisés peuvent être reportés sur une période plus longue que le délai légal français. La conclusion pratique : avant de comparer les "jours de congés", calculer le total annuel de jours non travaillés payés (congés + fériés + RTT éventuels) pour le poste précis, pas les minima légaux abstraits.


Questions fréquentes

Y a-t-il des RTT en Suisse ?

Non, pas comme mécanisme légal spécifique. La semaine légale suisse est de 45 heures (secteur tertiaire) ou 50 heures (secteurs comme le bâtiment). Les heures supplémentaires au-delà de ces seuils sont compensées en repos ou payées majorées. Certaines entreprises accordent des "jours de compensation" en interne, mais ce n'est pas un droit légal universel comme en France. Les conventions collectives suisses peuvent prévoir des horaires contractuels inférieurs à la durée légale, créant de facto un mécanisme similaire aux RTT.

Les jours fériés sont-ils les mêmes dans toute la Suisse ?

Non, c'est l'une des particularités suisses. Seuls le 1er août (Fête nationale) est férié dans toute la Suisse. Les autres jours fériés sont définis par les cantons. Genève a 9 jours fériés, Zurich 13, le Valais jusqu'à 15 (fortement influencé par le calendrier catholique). Avant d'accepter un poste en Suisse, il vaut la peine de vérifier le calendrier des jours fériés du canton de travail, qui peut varier de 6 à 7 jours d'un canton à l'autre.

Peut-on reporter ses congés non pris en Suisse ?

Oui, dans des limites. Le Code des obligations suisse permet le report des congés non pris jusqu'à la fin de l'année suivante, voire au-delà si un accord écrit existe entre l'employeur et le salarié. En France, le délai de report légal est plus encadré. En pratique, de nombreuses entreprises suisses acceptent des reports sur 2 à 3 ans pour des raisons opérationnelles. Les congés non pris au moment de la fin du contrat doivent être payés en Suisse.