Permis G: autorisation du travailleur frontalier
Le permis G est le titre de séjour des travailleurs frontaliers: ceux qui résident dans un pays étranger voisin de la Suisse et traversent la frontière quotidiennement ou hebdomadairement pour exercer une activité professionnelle en Suisse.
Définition
Le permis G (autorisation de travail frontalier) est accordé aux ressortissants étrangers résidant dans les zones frontalières des pays voisins (France, Allemagne, Autriche, Italie) qui travaillent en Suisse sans s'y établir. Le titulaire d'un permis G doit retourner à son domicile à l'étranger au moins une fois par semaine. Il ne peut pas changer de canton de travail sans démarche administrative préalable.
Zones concernées
Pour les frontaliers français, la zone frontalière comprend les départements de l'Ain, du Doubs, du Jura, de la Haute-Savoie, de la Savoie, du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et du Territoire de Belfort. Les résidents de ces départements qui travaillent dans les cantons suisses frontaliers correspondants sont éligibles au permis G. Le bassin franco-genevois, avec ses 220'000 frontaliers, est la zone la plus dense en travailleurs frontaliers d'Europe.
Durée et renouvellement
Pour les ressortissants UE/AELE, le permis G est accordé pour une durée de cinq ans (contrat à durée indéterminée) ou pour la durée du contrat plus trois mois (contrat à durée déterminée d'au moins un an). Le renouvellement est accordé automatiquement à condition que la relation de travail soit maintenue et que le domicile reste dans la zone frontalière.
En cas de changement d'employeur dans le même canton, le permis G reste valable. Un changement de canton de travail nécessite une nouvelle autorisation.
Droits et obligations du titulaire du permis G
Le frontalier titulaire d'un permis G cotise à l'AVS et au LPP suisses, bénéficie de la protection du droit du travail suisse (salaires minimaux, congés, protection contre le licenciement abusif) et peut adhérer aux syndicats suisses. En contrepartie, les indemnités chômage en cas de perte d'emploi sont versées par le pays de résidence (France pour les frontaliers français), pas par la Suisse, même si les cotisations ont été versées en Suisse.
L'assurance maladie obéit à des règles particulières selon le canton de travail et les accords bilatéraux. Les frontaliers dans certains cantons peuvent choisir entre la LAMal suisse et une couverture dans leur pays de résidence.
Les conditions de travail des frontaliers en Suisse romande sont identiques à celles des résidents: salaires minima des conventions collectives de travail, protection contre le licenciement, droit aux vacances. Sur le plan fiscal, le frontalier est soumis à l'impôt à la source dans le canton de travail, selon les modalités définies par les accords bilatéraux France-Suisse. Pour aller plus loin sur les spécificités du statut, consultez le guide du travail frontalier en Suisse romande. Le titulaire d'un permis G peut aussi envisager de s'établir en Suisse et demander un permis B s'il change de résidence.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le permis G et le permis B ?
Le permis G est réservé aux travailleurs frontaliers résidant dans les zones frontalières de pays voisins et retournant à leur domicile au moins une fois par semaine. Le permis B est pour les personnes qui s'établissent en Suisse. Le titulaire du permis G ne peut pas changer de canton de travail sans nouvelle autorisation, contrairement au titulaire du permis B.
Un travailleur avec le permis G peut-il changer d'employeur librement ?
Un changement d'employeur dans le même canton ne nécessite pas de nouvelle autorisation: le permis G reste valable. En revanche, un changement de canton de travail nécessite une nouvelle autorisation auprès du service cantonal des migrations. Le permis G est accordé pour la durée du contrat (5 ans max pour un CDI) et est renouvelable si les conditions sont maintenues.
Les indemnités chômage d'un frontalier sont-elles versées par la Suisse ?
Non, les indemnités chômage d'un travailleur frontalier français qui perd son emploi en Suisse sont versées par la France (France Travail, ex-Pôle Emploi), pas par la Suisse. Les cotisations AC versées en Suisse sont prises en compte pour le calcul des droits français. C'est l'une des particularités importantes du statut frontalier à connaître avant d'accepter un emploi transfrontalier.
Le frontalier titulaire d'un permis G cotise-t-il au 2e pilier suisse ?
Oui, dès que le salaire annuel dépasse le seuil d'entrée LPP (en 2026: 22'050 CHF), le frontalier cotise obligatoirement au 2e pilier suisse comme tout salarié. En cas de départ définitif de Suisse, le capital de prévoyance peut être retiré sous certaines conditions. Contrairement à un frontalier qui s'établirait en Suisse, le bénéficiaire d'un permis G ne peut pas utiliser son capital LPP pour acquérir un logement principal en France.
Le permis G permet-il de travailler dans plusieurs cantons suisses simultanément ?
Non, le permis G est délivré pour un canton spécifique. En cas de changement de canton de travail, une nouvelle autorisation doit être demandée. Pour un travail simultané dans deux cantons auprès de deux employeurs différents, deux autorisations distinctes sont nécessaires. Cette contrainte est propre au statut frontalier et ne s'applique pas aux titulaires d'un permis B ou C.
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